Quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour "reculturer," dans le sens de retrouver des traditions culturelles mêlées, des références; ma grand mère qui était
alsacienne et "prolotte" chantait très bien les grands flots bleus. Je pense que beaucoup de dame de sa génération connaissait ce type de folklore, que j'ai retrouvé, quand je me suis intéressé à
Fréhel, qui a fait aussi une interprétation de cette chanson ... Un monde ouvrier ,peut être, avec sa culture et son langage, ses espoirs ,ses visions de l'amour ... Ce que Renaud avait tendance à
vouloir réactualiser, ce qu'il a fait avant la période du Rap ... qui a tout subverti en ce qui concerne la révolte et les visions du monde... des élèves à cette époque connaissaient ce type de
chansons qui ont complètement disparu Renaudsy est-il pour quelque chose !... Il "a fait son avoine" avec un produit surannée et il n'a pas tenu les promesses qu'avait tenu, avant lui, il y a
longtemps Montésus ; je n'en sais rien, ce que je sais c'est qu'aujourd'hui il ne joue plus la même partition et qu'il se plante peut être, je ne sais quoi penser de son nouveau "look" de pépère de
la chanson, il n'est même plus énervant . Les autres qui s'y sont essayés comme Golmann ou Bruel n'ont pas réussi de la même façon et n'ont récolté qu'un succès d'estime, limité, très limité ...
N'est pas anar qui veut, et la chanson anar, ou antimilitariste, manque beaucoup, et il ne s'agit plus de pleurer sur le temps des cerises, il faut retrouver les textes et les tempos et avancer,
refaire les terrasses et les bars glauques de la vie, retrouver un public, ... Maintenant ,la nostalgie est la base de ce type de chanson, la nostalgie est peut être trop passéiste ... Les amoureux
de la butte, c'est l'adolescence qui s'en va et qui ne reviendra pas, on leur souhaite tous le bonheur que l'on sait impossible ... Mais on pouvait aussi, être poète, à cette époque, faire de la
peinture et chanter; c'est ce que faisait Mouloudji ...Est-ce plus dur aujourd'hui d'être à moitié Kabyle ... C'est tout un monde qui doit se reconstruire, pour que l'on puisse un peu respirer et
il faudrait que ceux qui savent écrire, se mettent à écrire, pour en vivre ou vivre une expérience, il n'y a pas de raison qu'ils n'y arrivent pas,nos thèseux postiers, à renouer avec la
tradition ouvrière, c'est un appel a reconstruire ce monde qui a besoin de vibrer et d'avoir "un sens à sa révolte", il faut que la parole devienne une insurrection ouverte ou qu'elle accompagne
les conflits , les luttes, comme le faisait tous ces gens liés à un moment au PC (je pense à Jean Ferrat ou Leny Escudero) ... Ce n'est pas parce que celui-ci est mort que le mouvement ouvrier doit
dépérir, que la parole que ces gens ont portés s'éteigne,c'est inconcevable ... Les luttes doivent retrouver leur culture ce qui donnera un sens aux vibrations qui sont nécessaires pour vivre....
Pour cela il faut, une gueule qui gueule et n'hésite pas à se montrer et à monter en exergue, ce qu'est la vie de ces gens là ... Le dernier Ken Loach est à voir, tous ceux que je connais et
qui l'on vu me disent d'y aller, que je ne serais pas déçu, Maintenant il faudrait structurer quelque chose à plusieurs; il faudrait éditer, montrer et se mettre en question , trouver son
auditoire, se positionner vis à vis de ce qu'est l'art et la création, c'est fait pour être beau d'une certaine façon et avec la gueule que l'on a ... Nous n'avons pas besoin de nous aligner à
plusieurs dans une queue pour être recruté, nous ne voulons plus être recrutés, nous voulons être tout simplement, il suffit d'avancer et de se construire un univers dans lequel les gens auront
envie de venir voir et comprendre ... pour apprendre à s'en servir . ... Le monde dans lequel nous vivons ne peut plus être dévasté, il faut que ça s'arrête, au hasard par ceux qui n'ont rien à
faire et qui s'ennuient et nous ennuient ... Le monde est vaste, à découvrir, au détour d'une forêt on rencontre une friche, ou une coupe sauvage ou un pays dévasté, il faut le regarder
autrement que ne le faisaient les impressionnistes, mais une friche c'est beau ! C'est hanté, ça rouille et ça parle aussi, lentement ... Les gens qu'on y rencontre peuvent parler et rire parfois
... Ils s'en vont incapables de retourner chez eux , ils tournent en rond depuis que le lieu à été fermé à son activité initiale, c'est maintenant un leurre et une mauvaise habitude, c'est ça la
vie d'aujourd'hui, mais des graines peut être ont donné, des végétaux ,qu'il faut regarder et analyser dans les détails ... écrire est aussi un moyen de vivre dans un autre espace ... à voir
et à entendre des belles chansons qui racontent l'histoire ... Salut à toi brave piou piou du 17e .. Salut vieil océan !...