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Par l'action-poésie, action, mouvement, scanssion, avec un air de modernité suranné. Entrelac de vies brisées et a construire... machines de plus en plus parfaites qui nous aliènent et nous exploitent. Bonjour bonheur regarde moi, suis je si moche!!!.

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J'ai vu le film de Begaudeau, entre les murs ... Il y a plusieurs niveaux de critique à faire

C'est un film sur le collège, incontestablement c'est lui qui est au centre, l'autre acteur est la mixité sociale et culturelle. Ce qu'on peut dire c'est qu'elle ne fonctionne pas et qu'elle ne peut pas fonctionner ...Maintenant faut-il en rendre responsable l'école ! ou la société qui accueille ces gens n'importe comment, je ne pense pas que l'école soit responsable ...
On l'a impliqué dans une tâche qui n'était pas la sienne, depuis la création du collège unique,par René Haby, réinscrire les classes dangereuses, leurs enfants, dans la république et dans l'Europe.
Maintenant qu'il y a ces publics nouveaux c'est à la société de les intégrer, ce n'est pas le rôle de l'école, seul, c'est ce rôle de transmission des connaissances et des règles de savoir vivre, qui est perverti et le film raconte cette perversion et la façon dont les adultes s'en sortent pour "réparer" cette perversion ...Bégaudeau qui pratique le pédagogisme s'en sort comme un pédagogiste ( terme qui implique toutes ces pédagogies actives, constructivistes, que l'institution promeut et qui consiste à occuper les élèves sans leur apprendre grand chose surtout pas le programme, c'est exactement ce qu'il fait pendant tous le film), avec beaucoup de démagogie et de séduction ...Les autres acteurs "adultes" s'en sortent en fonction de l'intensité et de l'ancrage de leurs convictions, les jeunes adultes nouveaux professeurs sont désemparés, ils sortent de l'UIFM ou ils n'ont rien appris sur le métier, sinon à se méfier des anciens qui sont tous mauvais, les vieux sont ailleurs, sauf le professeur d'histoire géographie qui est le seul clairement lucide.
 Les élèves lui renvoient son incompétence,  a Bégaudeau, à la fin, quand il leur demande, lui le professeur, ce qu'ils ont appris...Ils parlent tous de pleins de choses qui se sont passés ailleurs que dans son cours. C'est donc bien la résistance à sa démagogie qu'organise les élèves pendant toute l'année.
Maintenant le film, les acteurs, les professeurs sont caricaturés, le seul qui s'en sort c'est le professeur d'histoire géographie qui vient du 93, c'est un professeur comme je les aimes, qui a une haute estime de la culture et de son travail, qui place la barre très haut. Les parents sont dans les attentes qu'on tous les parents vis à vis de l'institution, qu'elle fonctionne et structure les potentialités de leur enfant...Les élèves sont de fantastiques acteurs qui pourraient être réemployés dans d'autres rôles. Ce sont des jeunes avec leurs attente vis à vis d'un monde qui terrifie tous le monde et dont ils ne comprennent pas le sens.
Maintenant ce film est un point de vue très exhaustif, qui empêche le vrai débat sur ce qu'est l'école puisqu'elle est un monstre froid (dans ce film) avec des adultes frigides, bien dans leur rôle d'adultes (le proviseur est gratiné!) qui n'ont pas de débats, ne rient pas, ne vivent plus, sont terrorisés (sauf un qui s'est donné les outils du savoir) et une vie qui ne demande qu'a s'exprimer n'importe comment et qu'il faut canaliser, parce que si elle déborde ça peut être inquiétant pour la "société". Si l'on considère que l'objectif de monsieur Bégaudeau est d'arriver à ce que les élèves s'expriment sans se taper dessus, il a réussi ...Il a simplement oublié de peaufiner leur langage, pour qu'ils arrivent à s'apprécier, à trouver les mots et l'énergie pour communiquer de vrais sensations, de vrais sentiments, s'intéresser à ce qu'ils apprennent, ce que d'autres ont fait, avec ces élèves dans d'autres cours, en histoire, en math, en français, en SVT ...Du point de vue du cinéma on a trouvé là une mine d'acteurs jeunes en devenir, qu'il faut reprendre et employer avec d'autres revendications, d'autres situations ...La jeune fille noire qui vient le voir à la fin de l'année pour l'endjoindre de ne pas l'envoyer en Lycée professionnel est pathétique, elle évoque le trou noir de la relégation sociale (elle est elle même noire). Il est évident qu'il y a bien d'autres lectures possibles de ce film qui est parfaitement bien structuré, c'est un formidable cinéma de composition.
Je viens de lire  l'article de Natacha Polony, dans le dernier numéro de Marianne n° 597, intitulé "la palme du malentendu" elle dit un peu ma même chose que moi sur ce film, il paraîtrait que les profs sont révoltés par tous ce qui y est dit et montré, Fanny CAPEL est très acerbe et sur l'auteur et sur le contenu; Bégaudeau est le seul prof qui a passé sa carrière à ne pas enseigner.



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