Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Par l'action-poésie, action, mouvement, scanssion, avec un air de modernité suranné. Entrelac de vies brisées et a construire... machines de plus en plus parfaites qui nous aliènent et nous exploitent. Bonjour bonheur regarde moi, suis je si moche!!!.

Publicité

Je termine le livre de Jean Claude Milner l'arrogance du présent. Je ne sais comment en parler

C'est un regard et l'auteur s'interroge sur son engagement dans la gauche prolétarienne pendant la période de 1968 (1965 1975). Il s'interroge sur la révolution et sur le nom juif en rapport à ce concept (cette attitude, cette façon d'interpréter le réel) qu'implique cet engagement. Les rapports entre le judaïsme et la révolution en France avant et pendant ces années là, 1968. C'est une question difficile, très difficile, d'autant plus qu'on peut poser la question à l'envers en sur-définissant ce qu'est la révolution comme entité, surtout quand on refuse de s'engager sous l'angle de la lutte des classes et du mouvement ouvrier organisé dont l'existence est nié par l'auteur.
 Son livre, en fait, justifie une stratégie d'évitement, qui fut celle d' une partie de la jeunesse estudiantine, des grandes écoles (c'est comme cela que je l'ai senti); la gauche prolétarienne, créé d'après ce qu'il dit par Benny Levy et le chemin qu'il fait lui, entre Althuser et Lacan, c'est un chemin qui ne peut mener nul part (le structuralisme étant à mon point de vue une volonté de détruire les pensées antérieures, voir le livre sans doute introuvable de Pierre Fougeyrollas contre Althusser, Lacan, Lévy Strauss et le structuralisme), quand on refuse de voir ce qu'est l'histoire  de la révolution française et l'histoire du mouvement ouvrier, qui impose bon an mal an la question sociale, comme étant la question prioritaire, centrale en France, tout au long du 19e et du 20e siècle. Mon problème est que je ne pense pas que toute cette jeunesse des grandes écoles qui c'est engagé dans la gauche prolétarienne se soit engagé dans la révolution prolétarienne elle c'est engagé dans une expérience forte mais profondément petite bourgeoise (expérience romantique ou nihiliste sans doute) qui n'avait rien à voir avec le prolétariat quel-qu'en soit la définition qu'on lui donne.
 Maintenant de quoi la gauche prolétarienne a été le nom, répondre à cette question, je pense que c'est ce que tente de faire Jean Claude Milner, sans le vouloir vraiment. Il fait, indirectement la critique d'une posture petite bourgeoise qui a peut être un avenir dans ou par les grandes écoles, du fait précisément de cette lutte des classes, sans pouvoir choisir son camp. Il fait preuve de lucidité en montrant que tous ces gens qu'il a côtoyé qui étaient tous de ce monde petit bourgeois universitaire à réussi, pour la plupart dans les démarches intellectuelles, ce ne fut qu'une question de recadrage politique...La création de Libération en fut une; mais il y en eu bien d'autres (la trajectoire de l'auteur en est une autre) et de bien d'autres dont le fondateur de ce mouvement Benny Levy lui aussi devenu écrivain ...Il y a une grande détestation de soi chez toutes ces personnes qui ont trouvé quelque chose à faire puisque la bourgeoisie, ou les positions qu'ils avaient acquisesen fréquentant les grandes écoles, leur ont donné de quoi le faire dans cette univers qu'ils ont reconstruit et "pourri" intellectuellement dans un même mouvement  (je voudrais ne pas avoir à citer des exemples ni des noms je déteste cela). Je ne pense pas que la gauche prolétarienne ai parlé de la résistance qu'elle a refusé de reconnaître dans toute sa composante, ni de l'holocauste qu'elle a cru révolu (définitivement dans un passé révolu) et son discours n'a pu évolué  parce qu'elle a refusé d'en tirer les conséquences. Elle a peu être malgré tout situé ou se trouvait le problème en désignant ce lieu dans l'histoire et les particularités de celui-ci dans ce pays, la France.
 J'ai admiré Jean Claude Milner comme auteur de ce prodigieux livre qu'il a écrit sur l'école en 1984...Un livre extraordinaire qui a donné espoir à un ensemble de collègues professeur qui voulait comprendre ce qui se passait dans l'école qui était en train de changer sous les coups de boutoir du libéralisme, pour ce travail il a été très lucide, ensuite sa réflexion sur le nom de juif me semble biaisé comme toutes les réflexions sur ce sujet. Un des biais est la question, qui porte ce nom aujourd'hui ? Maintenant la lutte des classes qu'il refuse d'identifier comme il y a refus de comprendre ce qu'était, dans la lutte des classes, la lutte contre la bureaucratie et ce qui a empêché l' analyse sur ce qu'était la révolution culturelle. Ils ont donc, les membres de la gauche prolétarienne, remplacé la bureaucratie stalinienne par la bureaucratie Maoïste par un double déni en fait. Le nom de juif ne comprend pas obligatoirement le négationnisme d'une contre révolution qui a massacré les intellectuelles, au nom du peuple, dont la Chine ne c'est pas encore remise ...Quand à l'installation dans la classe ouvrière, en France, elle fut elle aussi un échec, parce qu'il fallait comprendre que la classe ouvrière avait besoin d'enseignants de médecins, syndiqués dans les mêmes syndicats qu'elle, à ces côtés, dans les luttes et que pour se faire il fallait combattre certains préjugés que ces gens là avaient, puisqu'ils étaient sur que quoiqu'il fasse, la certitude de la position acquise, il s'en sortirait socialement, même si ça prendrait un peu plus de temps que pour d'autres.
Maintenant ma position sur Mai 1968, je l'ai donné (dans des articles sur ce blog, au moment de la commémortion du 40 e anniversaire de l'évènement) et je ne tiens pas a y revenir, car pour moi ce fut une expérience enrichissante mais douloureuse. Ce livre, l'arrogance du présent, est un livre sur la douleur des bons élèves, dans les bonnes écoles, dont certains portaient le nom juif, sur l'impasse sociale dans laquelle ils étaient confinés et compte tenu de leur non engagement, comme compagnon de route et comme militants d'une organisation extérieure à la classe ouvrière. Ils ne pouvaient vivre que d'une façon abrupte l'expérience du monde ouvrier. Cette expérience est -elle vivable en tant que tel, en tant qu'expérience constructive, peut être pas de cette façon, puisque pendant tous le 19 siècle les ouvriers les plus conscients ont essayés d'y échapper par la révolution ou par l'organisation, par la volonté de construire ce mouvement ouvrier et les syndicats capables de gérer ce mouvement.
Certains dans cette logique ont développé des théories qui embarrassent aujourd'hui encore l'histoire récente, je pense aux "nouveaux philosophes", qui, pour le moins que l'on puisse dire, ont conduit a des impasses, je pense à ce qui c'est passé avec le Kosovo, aux théories sur l'ingérence humanitaires et autres théories qui n'avaient aucune assises dans le réel et ont produit ou accompagné des massacres sans que ces gens là se trouvent le moins du monde incommodés ou dans l'autocritique de ce qu'ils avaient promus, par pur pro américanisme et arrogance (du présent).
Il souligne aussi la particularité du terrorisme en Allemagne et en Italie ou les anciens fascistes et nazi ont été repris dans l'administration et qu'en fin de compte il n'y a pas eu une épuration. Que par contre, en France, le problème a été biaisé par la résistance et le gaullisme. C'est une thèse qui se défend, mais la spoliation des biens juifs fut sans doute la même . Avec le livre de Pierre Péan sur Monsieur K taxé d'antisémite , le problème ressurgit sous cet angle très curieux l'article écrit dans le dernier Marianne (no 617 Affaire Kouchner-Péan, Le retour du terrorisme intellectuel ) et qui parle des effets médiatiques de ce livre, en conclu que ceux qui crient à l'antisémitisme pour ne pas avoir à ce justifier, ce que Pierre Péan ne leur demande pas, deshinibant les antisémites futures qui ne manqueront pas de surgir...
En France il est vrai la question de l'héritage et de la collaboration est une question qui fut longtemps occultée, dont on ne parle pas encore de façon correcte et large...A mon sens c'est aussi une question qui s'invite dans la lutte des classes objectivement ( ce qui se passe en Guadeloupe fait ressurgir la question coloniale,  d'autres questions liées à la question sociale risquent de ressurgir)... Car une autre question est sou-jacente, pourquoi, avec de Gaule ( qui a servi de "lessiveuse" à la bourgeoisie affairiste) et le plan Marchal, le pouvoir ouvrier a été confisqué par la bourgeoisie française, largement collaborationniste; les troupes russes se sont arrêtés au milieu de l'Allemagne et il a fallu composé avec le nouvel "occupant", occupation plus pacifique certes, l'occupant Anglo Américain, ce qui nous a jeté dans le camp atlantiste pour un long moment ( Attention je n'ai aucun élément pour critiquer ce qui c'est passé, c'est simplement un constat de fait )...
Le redressement du pays passe peut être, par la rupture franche avec cette période et le fait d'acquérir la liberté des alliances...La Russie est un partenaire incontournable de l'union européenne pas seulement pour le gaz, mais aussi pour l'économie, la recherche et la science. La politique de Sarkozy qui imite l'"Amérique" oblitère gravement nos intérêts comme nation et les intérêts du peuple qui compose ce pays, qui veut un plan de relance de son pouvoir d'achat, de plus en plus incompatible avec les visés atlantistes et européennes du gouvernement.
Par contre je me solidarise totalement avec la dernière partie de son texte, son dernier chapitre "le présent humilié" ...C'est la partie du livre qui me réconcilie totalement avec le brillant intellectuel qui a écrit en son temps "de l'école" le livre le plus fantastique et le plus global sur l'école de son temps (livre qui paru en 1984 je le répète) ...C'est un livre que je conseille à tous les gens que je rencontre et qui me demande ce qu'il faut lire sur ce qui se passe dans l'école. Il faut lire Jean Claude Milner pour élargir les horizons intellectuels du présent. Il participe de ceux qui appréhendent et combattent la Nov' langue qui dégouline dans le présent et dans tous les médias. Il fait parti de ces gens qui ont une remarquable lucidité intellectuelle, ce qui est rare dans les temps présents.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article