Michel Onfray a repris, sur France culture, son cours de "contre histoire de la philosophie". Je trouve que c'est un très bon professeur. Il a fait aussi une
université du goût, il y invite des cuisiniers de renom, la question que j'aimerais lui poser; peut-on être anarchiste et cuisinier de renom, autre question similaire peut-on l'être et fabriquer un
grans crû de Bourgogne qu'est-ce que ça donnerait!. Que penser de Michel Onfray! son université populaire est une démarche fantastique et j'ai repris goût à la lecture d'écrivains révolutionnaires
comme Daniel Guérin, grâce à lui (bourgeois et bras nus dans la révolution française). Il me fait penser à ce qu'est devenu mon métier d'enseignant et quand je compare ce qu'on me laisse faire avec
ce que lui fait en respectant la grande tradition du savoir à partager, du savoir éclairé. Je voudrais être ouvert comme lui , ouvrir des horizons lointains sur des mondes en devenir dont la
perfection est perceptible et perfectible, une grande oeuvre. Il est question qu'il passe deux ou trois ans sur le 19e siècle, un très vaste océan. Il faudrait aussi une contre histoire de l'Art
contemporain, une contre histoire de l'esthétique en se basant sur des faits et des évènements qui n'ont pas étés encore explorés entièrement. La crise de l'expression traditionnelle, fait exploser
les modèles de représentation, mais s'appuie quand même sur un langage (de la successon plus ou moins rapide ou cohérente d'images) quasi universel, quasi constant, quasi mécanique, basé sur le
Kitch et la répétition.... La tautologie des formes. Les référents, de l'art contemporains, sont dans les arts de masse, ce n'est pas plus compliqué. Il s'agit de savoir ou se situe l'oeuvre ou
quels enjeux elle va utiliser. La métaphore, ouverture sur un autre monde possible, ou rendu possible (par le socialisme), a quasiment disparu des modèles... par contre le discours est de plus en
plus mystique et abscon; une espèce de logomachie mystagogique, une redondance sans fond, sans fin, une obligation à la dévotion pour le spectateur qui ne fait plus le tableau. Je n'aime pas l'art
contemporain, mais je passe mon temps à le traquer pour le mettre à jour. Je n'aime pas l'artiste contemporain qui est pris dans un système dont il ne peut sortir et qui accepte que les règles non
écrites, qui façonnent sa vie, soient incompréhensibles...C'est un nouvel ascèse, une nouvelle religion ( ce que dit Marc Fumarolli). Je me souvient de la phrase des surréalistes sur une de leur
revue "ce qui manque à ces messieurs c'est la dialectique". On pourrait dire pour paraphraser ce qu'il manque à ces messieurs (les artistes contemporains) c'est le rapport au travail, à la
révolution et à la paresse...Certaines démarches peuvent séduire...certes et alors que construisent-elle et ou! pour quelle finalité sociale. Adorno posait déjà la question pour la musique, en son
temps; l'once de l'oisiveté n'est plus un critère de perspicacité. On est dans la mascarade, dans la gay pride, dans le loisir oisif, la défonce la plupart du temps.