J'ai connu des gens qui faisaient parti du club des amis de Benjamin Peret. J'ai aimé ce poète qui a disparu complètement, sombré corps et oeuvre. La poésie en tant
que mode d'expression disparait aussi en France, elle n'est quasiment plus ce me semble ni lu, ni édité, ni étudié, en tant que telle; sauf dans certains cénacles très fermés. Quelle définition
pourrions nous donner de la poésie et s'il y avait une anthologie qu'y verrions nous! Pourquoi en est-on arrivé là au début du troisième millénaire... J'aimerais des réponses, pourquoi ne lit-on
plus, ne se sert-on plus de cet instrument. Ca à sans doute un rapport avec mon histoire de métaphore (voir le dernier avatar que j'ai produit), on ne métaphorise plus... Même dans l'image
cinématographique quand on change de plans, de séquence, on ne passe plus d'une image à une autre image semblable ..Beau comme la rencontre... Le monde est-il devenu si laid à nos yeux, notre
intelligence se met-elle à fonctionner autrement... On ne va plus si facilement vers l'autre à ce mment là puisqu'il ne s'exprime plus avec un langage enchanté; comment enchanter des parcelles de
monde sans la poésie "cette toute puissance du désir" que cristalise le poème; puit de conscience de l'ailleurs universel. Il y a une telle peur de ce qui est lyrique, dans notre société moderne,
qu'on ne conçoit plus d'avoir un langage de l'esprit, pour rencontrer les autres esprit spirit... Comme dans le conte fantastique dont j'ai été friand longtemps, de merveilleux et de désir de
merveilleux dans un monde en soi et pour soi légèrement, un instant, en dehors du monde. Benjamin Peret à fait partie de ces gens inspirés... Il a produit une oeuvre à la mesure de ce qu'il avait à
dire, une oeuvre inspiré et drôle, poémique (polémique) parfois et tragique dans un humour parfois féroce. Une oeuvre dont il n'est pas encore question de rééditer des parties, dans un ensemble. Je
me souvient il n'y a pas longtemps d'avoir prêté sa traduction du chilam balam à une prof. d'espagnol. Il a fait partie de ces gens qui se sont engagés politiquement, il n'a pas eu non plus la
notoriété recherché dans et par l'écriture... Il a été correcteur d'imprimerie toute sa vie... Des poétes comme je les aimes, comme Jean Malrieu, comme René Char s'il en fut, comme le très noble
François dans d'autres époques, dans un autre Paris qui n'est plus, il n'y a plus de ballade à y faire, sauf dans le 18e jusqu'à quand?. Ce n'est plus la veine emprunté, ce ne sont plus les écrits
qui marquent, ce n'est plus que du texte...Une production textuelle séduisante et au premier degré, sans emphase.