Je viens de terminer le troisième roman de Graham Hurley, coup pour coup. J'ai lu donc aussi quai de la blanche et la nuit du naufrage. Ce sont des personnages
souvent tordues et ce n'est pas la police qui règle tout, dans quai de la blanche le personnage pourchassé s'en sort avec les honneurs. Ce qui est sympathique c'est la relation entre un père et son
fils qui communiquent autour des oiseaux; il y a aussi le silence et le contexte d'une ville portuaire d'angleterre. C'est un contexte ou les personnages vivent tous une vie autonome les uns des
autres. S'il fallait comparer avec Kurt Wallander le héros de Mankell, je ne pourrais pas le faire, je ne me suis pas encore détaché de la saga Wallander et de sa fille Linda. Il y a aussi chez Joe
Faraday un problème de filiation mais celle-ci est constructive, parce que le fils a un univers mental riche et il fait des rencontres dont son père profite parfois ... C'est la compagne qui le
suit dans le deuxième et troisième livre que je lis de lui. Je sais aussi qu'il n'a pas autant écrit que Mankell, pour l'instant .. Qu'il est francophile passionné et ça se sent dans sa sensibilité
continentale ... C'est souvent la description d'une série de passions, de Joe Faraday, peu partagé par les autres protagonistes,pour des univers ou la sensibilité joue un grand rôle. Il vit dans
une maison de pêcheur au bord d'une zone humide ou il aime déambuler sans faille et qui occupe tous ces loisirs et préserve ses capacités d'analyse. Ce sont aussi des histoires ou il n'y a pas de
place pour le passé, la police est dans la modernité, c'est cette modernité du travail d'enquête, facilité par la rationalité et la technique, qui rend la tâche plus rationnelle et moins
passionnante ... Certains des accolythes de Joe Faraday sont des francs tireurs qui agissent sans se poser de question avec parfois une vision humaniste de la police qui peut les pousser à faire de
grosses erreurs, d'analyses et d'appréciations ; franchir la limite de la légalité. Le premier, sur le naufrage pendant la guerre des Malouines est celui qui me tient encore à coeur, c'est une
histoire de marin dans l'acceptation classique des termes. On sent la modernité comme une menace et une façon de ne pas quitter la réalité ... Joe fonctionne à l'intuition mais pas comme Kurt
Wallander qui suit une trace et en assume toutes les conséquences, jusqu'à se mettre en danger; ce qu'il fait dans pratiquement toutes ces enquêtes. Joe survole et prend en compte l'humanité de
chacun de ses affiliés, il excuse les débordements dans certains cas et se refuse de condamner même quand il doit prendre des sanctions. Ce sont aussi des romans longs( environ 500 pages) ce qui
permet de préciser beaucoup plus les situations. Maintenant après Fred Vargas ou en est le roman policier Français qui avait existé un moment avec aussi Thierry Jonquet (il va être mis en film
Mygale, après avoir inspiré la série boulevard du Palais) et Izo qui a si bien mis en scène Marseille. Je place très haut dans la série policier Muséum de Véronique Roy qui allie a une intrigue
policière sinistre des controverses mettant en jeu le design intelligent, c'est la rationalité scientifique qui gagne. Mais c'est un épi phénomène dans le genre du roman policier. Je savais que le
muséum devait être plein d'endroit, de recoin de salles obscures et de souterrains comme dans les romans d'Anne Radclift. pourquoi le roman noir participe du genre policier aujourd'hui, je n'en
sais rien, le roman ne "décoiffe" plus mais endort quand il est lu, seul les genres mineures sont supportables.